Église de Ponteyraud (24)

 

A l'origine, cette église faisait partie d'une abbaye. A l'extérieur des murs, on remarque encore des arceaux du cloître. De gros blocs de pierre monolithiques sont marqués de la croix de Malte. Ceci tendrait à accréditer l'idée que cette abbaye servait de pied-à-terre aux frères de Saint Jean de Jérusalem lors de leurs passages. En permanence elle fut occupée par des sœurs bénédictines qui venaient du monastère de Ligueux fondé en 769 par Charlemagne. En 1743 il y avait encore des religieuses dirigées par Madame Charlotte de Saint Aulaire, abbesse du Couvent.

 

Au civil, l'église dépendait du château de la Blérétie (aujourd'hui propriété de la famille Sulzer). Il fut reconstruit au 19ième siècle sur l'important château d'origine dont il ne reste que quelques vestiges englobés dans la façade nord de la construction actuelle. Il semble que la famille de Laage l'occupa fort longtemps, il y avait au pied du mur nord de l’église une pierre tombale importante à leur nom.

 

La Révolution trouva les bâtiments conventuels importuns et s'en débarrassa en les rasant, les pierres servant à des constructions plus en rapport avec l'esprit du moment.

L'église de Ponteyraud est de style roman, voûtés en partie sur le chœur, et lambrissée. Le Bulletin Archéologique et Historique du Périgord (1828), dans l'article de M. Polydore, rapporte : «à la façade, on remarque des figures fort endommagées par les intempéries et le temps..."

 

En 1295,,, une bulle d'Innocent IV confirme que l'église est bien sous le vocable de saint Denis, et qu'elle dépend de l'abbaye de Ligueux. Saint Denis est fêté au calendrier général de l'église le 9 octobre. D'après saint Grégoire de Tours, Dénis, originaire d'Italie, fut envoyé en Gaule avec 5 autres évêques, et il devint le premier évêque de Paris. Lui et ses deux compagnons, Eleuthère et Rustique, furent décapités sous Dèce vers 250. L'abbaye de Saint Denis, ensuite sépulture des rois de France, fut érigée sur leur tombe, l'art représente Denis portant sa propre tête entre les mains, avec une palme, un glaive et un livre. Ses vêtements sont souvent ornés de lys. (1)

 

Lors d'une visite épiscopale (par procura­tion) en 1669, Monsieur le Curé Roberl Haussire, vicaire perpétuel, dit " qu'il n'y a dans l'église qu'un porte-Dieu en argent, aucun ornement ; que le sanctuaire voûté ne reçoit guère le soleil, qu'il n'y a pas de presbytère, et qu'il loge dans une masure à lui relâchée par la Dame Abbesse de Li­gueux. "

 

En 1692, la même Mère Abbesse revient à Ponteyraud et le curé Haussire lui présente 180 personnes qui reçoivent la communion.

 

La cloche porte comme inscription : " parrain Mr Joseph, Antoine, Félicité de Lafage, avocat ; marraine, Dame Margue­rite de Raymond de Laage, Viaud Curé, Antoine Dupin de Saint Cyr, maire, 1828 ".

 

Contre vents et marées, la vieille bâtisse tint longtemps, mais en 1938, les lézardes nombreuses incitèrent le Maire, M. Ar­mand Condemine, à faire entreprendre des réparations. Un devis fut établi, mais la guerre empêcha la réalisation des travaux. En 1939 le chœur s'effondra.

Sous l'Occupation les panneaux en bois sculpté d'un joli rétable du XVI° ont dispa­ru. Il ne reste qu'un morceau actuellement mis en sécurité par la mairie. Vous remar­querez en quittant l'église, sur le mur exté­rieur Nord, la plaque en mémoire des dé­funts des guerres du XX° siècle. Elle ne comporte aucune nom, la commune ayant eu la chance de voir revenir tous les siens à l'issu de ces conflits. Heureuse exception !

 

Monsieur le Curé Lapouge, d'Echourgnac, qui desservait la commune, fit construire un mur en 1954 pour obstruer la partie éboulée et pouvoir reprendre les offices. Néanmoins l'édifice restait complètement défiguré.

En 1984, le maire, M. James Vessière et son conseil municipal épris d'esthétisme et de justice, entreprirent la restauration de ce haut lieu spirituel local. La réalisation donne une belle allure à ce lieu cultuel, et le clocheton altier met une touche de fraîcheur sur des murs qui ont vu passer tant de siècles heureux ou malheureux.

 

A la mairie, vous pourrez voir un panneau de photos qui retrace les travaux de restauration.

 

(à suivre)

 

(1)Saint Denis, 1er évêque de Paris et martyr

Le Patron de Paris et de la Seine-Saint-Denis fut le premier évêque de la capitale de la France. Il meurt martyr vers 250 ou 270 et est enseveli là où s'élève la basilique de Saint Denis…

saint denys

 Saint Denis tenant sa tête entre ses mains au portail de la Vierge
Cathédrale Notre-Dame de Paris

D'après la Tradition, Saint Denis, évêque de Paris, prit avec lui le prêtre Rustique et le diacre Éleuthère, traversa la mer et vint à Rome, où il se présenta au pape Saint Clément  pour évangéliser les peuples qu'il lui assignerait. Le Saint Pape l'envoya, avec un groupe de prédicateurs apostoliques, à la conquête spirituelle des Gaules. Confiant à quelques-uns de ses disciples plusieurs parties de cette vaste contrée, il s'avança jusqu'à Paris, qui alors s'appelait encore Lutèce. Il y entra du côté de la porte Saint-Jacques,  avec ses deux premiers compagnons, et parla si éloquemment des mystères du christianisme, qu'il convertit dès l'abord une foule de païens. Plusieurs chapelles furent construites, l'Évangile faisait des progrès rapides, quand le démon suscita une terrible persécution contre ce nouveau culte, qui menaçait de tout envahir. On pense qu'il subit le martyre en 257 ou 272 sous la persécution de Dèce,   de Valérien  ou de Dioclétien.  Attaché à une Croix, il prêcha le grand mystère de la Rédemption du monde. Après avoir célébré le   dans sa prison, devant ses compagnons de supplice, consolé par l'apparition du Sauveur, il eut la tête tranchée, avec une foule de chrétiens, au lieu qui porte le nom de Montmartre, ou Mont-des-Martyrs  Dieu permit qu'après l'exécution son corps se leva de lui-même, pour porter sa tête entre ses mains. En passant dans la rue des Martyrs,  il marcha pendant six kilomètres jusqu’au lieu appelé Saint-Denis.  À la fin de son trajet, il donna sa tête à une femme pieuse originaire de la noblesse romaine et nommée Catulla, puis s'écroula. On l'ensevelit à cet endroit précis et on y édifia une basilique en son honneur. Saint Venance Fortunat (qui composa le merveilleux "Vexilla Regis" !) attestera la diffusion de son culte jusqu'à Bordeaux dès le 7ème siècle !